Château de l'Ambroise à Saint-Sulpice (49)

Conférence « Le château de l’Ambroise »

La conférence « Le château de l’Ambroise » animée par Daniel Renaud, Joël Rohan, Claude Fronteau et Jeremy Rahard a eu lieu le 26 septembre 2014 à 20h30 au théâtre du Château de Brissac.

Situé dans le petit village de Saint-Sulpice qui surplombe la Loire, l’Ambroise, dont l’origine connue remonte au XIVe Siècle, a été la demeure de plusieurs personnages qui se sont illustrés dans l’histoire de l’Anjou et même dans l’histoire de France.

En 1347, c’est alors un château fort dont il ne reste aujourd’hui que 2 tours, qui appartient aux Mathefelon, seigneurs de Durtal. En 1436, Foulques Dumerle et Jeanne de Mathefelon en sont propriétaires et les seigneuries de Saint-Sulpice et de l’Ambroise sont confondues. Les Dumerle sont originaires de Normandie. L’un a été compagnon de Guillaume le Conquérant à la bataille d’Hastings, un autre de Philippe le Bel contre les flamands, ce qui lui valu d’être comblé par le roi et maréchal de France. Ils possèdent l’Ambroise jusqu’au XVIe siècle.

La terre échoit par héritage à Guy de Maillé-Brézé et son épouse Jeanne de Louant. Ils eurent 11 enfants dont Simon de Maillé né en 1514, archevêque de Tours en 1554, théologien et homme de lettres qui suivit le Cardinal de Lorraine au Concile de Trente et participa au colloque de Poissy. Il mourut à l’Ambroise en 1597, après avoir fait reconstruire le château. Ses sœurs, puis ses nièces, furent abbesses du Ronceray.

En 1598, Jacques Desvignes, sieur de la Bastide, gouverneur des Ponts de Cé, achète l’Ambroise grâce à sa fortune acquise au service des rois Henri III et Henri IV : en 1588, membre des 45, gascons compagnons du roi et constituant sa garde rapprochée en ces temps troublés, il participe activement à l’assassinat du duc de Guise à Blois. Après l’assassinat d’Henri III en 1589, il se rallie à Henri IV dont il devient le maitre d’hôtel aux armées et auquel il rendra bien des services. Il ajoute au château des dépendances.

En 1702, l’Ambroise est adjugée à un grand financier Jean Chérouvrier des Grassières, inspecteur général de la Marine en Bretagne. Une de ses filles épouse Aubert marquis de Tourny, intendant de Guyenne, connu pour les embellissements dont il dota la ville de Bordeaux.

La présence et les soins de ces prestigieux personnages, l’intervention également d’autres familles nobles et fortunées ont valu à l’Ambroise, outre l’existence du château en partie reconstruit au début du XVIIIe siècle, de nombreuses et rares dépendances : la chapelle, le jeu de paume, les écuries, une vaste grange, une orangerie et une fuie de près de 1000 boulins que nous avons pu découvrir grâce aux commentaires éclairés de son actuel propriétaire Dominique d’Orglandes.