Découverte du château de Pimpéan

pimpean-poutresAu printemps 2014 a eu lieu la découverte du château de Pimpéan.

Le 18 avril s’est déroulée dans le cadre prestigieux du théâtre du château de Brissac une conférence sur le thème des « Seigneurs du Pimpéan » animée par Daniel Renaud qui a captivé son auditoire grâce aux recherches très fouillées qu’il a effectuées sur le sujet.

Dans un second temps, couplée avec cette conférence, la visite commentée le 15 juin du château de Pimpéan par sa propriétaire Maryse Tughendat a donné vie aux vestiges de ce pan de l’Histoire et de ce riche patrimoine.

Conférence sur Pimpéan dans le théâtre du château de Brissac. Conférence sur Pimpéan dans le théâtre du château de Brissac.

Lors de la conférence, l’accent a été mis sur Bertrand de Beauvau (lire encadré ci-dessous), bâtisseur du château, personnage hors du commun.

Bertrand de Beauvau acheta la terre de Pimpéan en 1435 et fit construire le château « avec tours , portail, mâchicoulis et chapelle dans l’enclos ».

En 1579, André de Beauvau fut arrêté, jugé et décapité à Poitiers pour avoir assassiné un recors qui lui faisait sommation à la Porte des Cordeliers à Angers.

pimpean-exterieurEn 1582, la terre appartient à Philippa de Naillhac, veuve d’André de Beauvau, remariée à Claude Barjot, en 1625 à René Barjot, baron de Cholet. Dans l’héritage de Renée Eléonore Barjot, elle échoit à René Robin de la Tremblaie, son fils qui rend aveu en 1690 au Comte de Trèves pour son château composé de « 4 grands corps de logis, 2 gros pavillons, une chapelle voutée, basse cour, fuye en pierre de taille, douves, pont-levis, canonnières, mâchecoulis jardins, futaies, vergers, vignes , le tout entouré d’une ceinture de haute muraille.

Claude René Robin de la Tremblaie vendit la châtellenie de Pimpéan le 17 octobre 1754 à Pierre de la Lande Gayon, écuyer et secrétaire du roi, son voisin de plantation à Saint Domingue.

pimpean-charpenteSa sœur revendit le domaine en l’an XI à Thomas Gendron. Le château eut plusieurs propriétaires au XIXe siècle et subit des modifications : un coté tout entier vers le nord fut rasé, l’aile ouest reconstruite au XVIIIe siècle et transformée au second empire forme l’habitation. Le double corps de bâtiment en équerre vers l’est et vers le sud comprenait diverses servitudes et portait de beaux greniers. Dans l’angle sud-ouest s’élève la chapelle qui date de la construction première(XVème) et dont les voutes sont ornées de fresques très bien conservées représentant la vie de la Vierge , des anges musiciens et des anges portant les instruments de la Passion, dont la qualité a valu à la chapelle d’être reproduite au Musée de l’Architecture.

Au début du XXe siècle, l’utilisation agricole des bâtiments a endommagé la galerie reliant les deux pavillons.

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Au cours de la visite du château commentée par la propriétaire, il a été possible de mesurer l’ampleur et la qualité des restaurations menées depuis 30 ans sur différents corps de bâtiments, en particulier le magnifique « Grenier aux rentes » au dessus d’une vaste salle voutée qui a fait l’objet d’une restauration originale et évocatrice. Le programme de restaurations se poursuit grâce à la ténacité et la passion qui animent les propriétaires malgré les contraintes budgétaires.

Durant plusieurs étés, Pimpéan a été le cadre d’un Festival d’art lyrique très attrayant. Dorénavant, Maryse Tugendhat se consacre au vignoble du domaine et une sympathique dégustation a clôturé la visite .

Après un pique-nique au bord du plan d’eau de Grézillé et un détour par l’église de Chemellier, la journée s’est achevée en admirant la beauté toujours renouvelée de la prieurale de Cunault.


blason-pimpeanD’une longévité exceptionnelle pour l’époque, mort en 1474 à sans doute plus de 80 ans, Bertrand de Beauvau servit sous les ducs Louis II et Louis III et surtout sous le Roi René qui en fit le sénateur de son ordre du Croissant, le grand Maître de son Hôtel, le capitaine du château d’Angers et le Sénéchal d’Anjou. Il fut chambellan et conseiller de Charles VII, dont il fut président de la Chambre des Comptes. Il se maria à quatre reprises et eut 17 enfants de ses trois premières épouses. Si ses deux premières unions avec Jeanne de la Tourlandry et Françoise de Brézé, sœur de Pierre de Brézé, ministre de Charles VII, furent harmonieuses, sa troisième femme, Ide du Chatelet se révéla une véritable mégère qui s’enfuit chez ses frères après l’avoir dévalisé. Son dernier mariage, pourtant le plus prestigieux, avec Blanche d’Anjou, fille naturelle de René d’Anjou fut si ombrageux qu’il la déshérita pour avoir été non « servi, aimé et honoré comme bonne femme doit faire à son mari ». Elle montrait de vives réticences à la vie maritale ; il est vrai qu’il était fort âgé et Blanche toute jeune.